Je crois que c'est bien pourri : j'ai pas relu XD Mille excuses. J'ai ramé -_-' Après relecture, j'ai enlevé quelques fautes pour que ce soit un peu plus agréable à parcourrir :pEris secoua sa fine tête effilée. Une douleur lancinante avait envahit son crâne et elle se sentait faible. Elle inspira l'air saturé d'odeurs. Ses narines se dilatèrent et sa pupille s'éclaira d'un éclat doré. Cette odeur … Ça puait l'ange. Aussitôt, la faim se rappela à elle. L'odeur était puissante et facile à suivre. La chimère trottina dans les coins sordides, se glissa dans les égouts, ressorti un peu plus loin. A présent, son poil suintait et les lourdes effluves de l'eau croupie s'attachait à ses pas. Mais peu importe. Le relent âcre des Anges se rapprochait …
Finalement, Eris déboucha dans un coin reculé. Elle comprit la situation en un instant bien que celle-ci l'indifféra. Car, au milieu des Anges, se mêlaient les Démons.
Sa gueule se fendit d'un simulacre de sourire. La chasse était ouverte et elle pouvait se permettre d'être sans pitié.
Elle se faufila, aussi silencieuse et invisible qu'une ombre, repérant la proie idéale quand elle sentit une aura particulière. Elle chassa l'idée qui s'insinuait dans son esprit. Sa silhouette maigre mi humaine, mi animale, sembla alors tripler de volume et, avec sa nouvelle forme, ses idées bestiales reprirent le dessus. Enfin, elle avisa l'Ange parfait, déjà affaibli. Il se battait face à un démon qu'elle ne connaissait pas et, même à travers le voile de brutalité, elle sentit une pression inconnue envahir sa gorge. Cette aura … Mais ça ne pouvait pas être lui. Il était de dos, il bougeait souvent. Elle ne parvenait pas à voir le haut de son corps.
Elle sentit, bien avant les combattants, le grondement sourd de la terre qui montait en puissance. Malgré elle, la créature sentit un semblant de peur monter en elle et s'arracha au sol lorsque celui-ci s'ouvrit sous elle. Elle bondit sur le côté, évita un bloc, en reçu un sur le dos, amorti le choc avec sa musculature épaisse mais glissa inévitablement le long d'un bloc incliné. Son corps heurta le sol dans un bruit sourd. Une minute plus tard, le tremblement cessa. La chimère se redressa, s'ébroua, fit jouer muscles et articulations. Son pouvoir s'infiltra en elle mais parvint à peine à la guérir. La faim était là, trop puissante. Son flair lui apporta l'odeur désirée et elle se traîna sur quelques mètres. L'Ange qu'elle avait repéré gisait là, la nuque brisée, sa tête formant un angle étrange avec le reste du corps. Elle reprit sa forme la plus faible, celle qui avait besoin du moins d'énergie et saisit la tête du cadavre entre ses doigts recouverts de fourrure. Elle la retourna et d'un coup sec de mâchoire, arracha la chair de son cou. La carotide, touchée, déversa son flot de sang qu'elle avala goulûment.
Elle sentit la douleur s'atténuer et, finalement, ses blessures finirent de guérir. Elle avait eu de la chance de ne pas se briser les os. Mais sa forme la plus primaire avait une résistance incroyable.
Eris redressa la tête et examina sa situation. Elle avait été projetée au fond d'une fosse plutôt profonde. Derrière elle, une paroi de roche lisse, devant, une autre paroi mais dont elle apercevait le sommet. Elle s'approcha, méfiante. Les prises étaient rares. Elle n'hésita qu'une demi seconde. Sa transformation en humaine fut douloureuse mais, aussitôt, l'adrénaline monta en elle lorsqu'elle sentit ses muscles grandir. Ses oreilles prirent une formes pointues et ses crocs poussèrent, achevant de lui donner l'apparence d'une amazone sanguinaire.
Les griffes jaillirent de ses jointures et elle enfonça son premier poing dans la pierre. Une fois cette première prise assurée, elle fit de même avec son deuxième poing, s'assurant ainsi des prises pour les mains mais aussi pour les pieds dans les trous creusés par ses griffes. Une force étrange émanait de ce corps musclé et si peu féminin.
Une fois arrivée au sommet, ses transformations furent rapides et sa silhouette fine de félin s'éloigna sans bruit. Un noir oppressant avait envahit la grotte mais la chimère étant parfaitement nyctalope, elle n'avait aucun problème pour se déplacer. Son escalade avait était presque silencieuse, si ce n'est le roulement de quelques graviers et elle savait que les éventuels survivants ne l'avaient pas repérée.
Elle fouilla les alentours, repéra un minuscule passage et, de l'autre côté de ce tunnel étroit, le bruit d'une respiration. Elle n'était pas seule. Se pouvait-il que … ? Malgré sa taille d'enfant, elle dut s'aplatir complètement au sol pour passer et s'écorcha la peau sur les arrêtes coupantes. Finalement, elle émergea dans une cavité totalement obscure elle-aussi mais bien plus petite.
Aux aguets, elle se tapie contre la paroi, retenant son souffle. Elle ne s'était pas trompée. Il y avait quelqu'un. L'être était silencieux mais son odeur le trahissait. Un démon, sûrement … Etrangement, Eris avait l'impression diffuse de ne plus sentir les auras aussi bien qu'auparavant. Ce qui s'était produit n'avait rien à voir avec un simple tremblement de terre. Et, si elle y avait réfléchie, la chimère s'en serait peut-être rendu compte.
Cependant, elle reconnut le parfum suave qui émanait du démon. C'était celui qu'elle avait sentit en L'observant, tout à l'heure. Ce n'était pas la même effluve qu'autrefois. Mais il pouvait avoir changé … Après tout, sa transformation l'avait peut-être profondément modifié. Tout en elle lui criait que ce n'était pas lui mais un fol espoir agitait son cœur et faisait vibrer une veine sur sa tempe. Il avait quelque chose. Qui résonnait comme une ancienne sensation. Le goût du vent. Si ça n'était pas Shizumu Sho, il avait tout de même un don avec cet élément. Mais ce devait être lui. Elle en avait tant rêvé. Elle avait tant attendu ce moment.
Il s'était redressé et furetait aux alentours. Un léger étourdissement envahit la tête de la démone, assourdissant ses pensées. Cela faisait tellement longtemps qu'elle laissait sa nature animale la guider qu'elle en avait presque oublié de réfléchir et d'analyser. L'odeur lui emplit les narines et elle eut l'impression de sentir le vent dans sa fourrure. Son sang ne fit qu'un tour et la transformation fut immédiate.
Un éclair noir jaillit dans l'obscurité et s'abattit sur le torse du démon, le plaquant au sol sous une centaine de kilogrammes de muscles, lui coupant sûrement la respiration. Elle avait amorti le choc pour ne pas trop le blesser mais le maintenait farouchement au sol.
Sa gueule se rapprocha du visage du démon et il put sentir l'odeur ferreuse qui émanait de l'animal. La tête massive, ornée de croc et pourvue de petits yeux sombres et cruels fixaient l'être humanoïde sans le voir. Du sang de sa précédente proie dégoulina le long de sa mâchoire pour finir sa course sur le visage du démon. Eris sentait son souffle sur son faciès fermé en un masque bestial. Elle sentit un flot d'émotions l'envahir. Cette effluve caractéristique des démons … Ce n'était pas lui. Et pourtant ! Comme elle aurait voulu …
La chimère poussa un rugissement tandis que ses griffes s'enfonçaient impitoyablement dans les épaules du démon. Puis ses muscles fondirent comme neige au soleil et son cri s'acheva dans une plainte mentale qui résonna dans l'esprit de Zum Iruri. Ses doigts d'enfants recouverts de fourrure noyaient dans le sang et elle s'aplatie contre lui, comme terrassée. Il put alors sentir ses poils disparaître au profit d'une peau nue au grain délicat mais maculée de cicatrice. Elle porta une main à ses joues où le sang se mêla alors à des larmes qui ne lui étaient d'aucun réconfort. Elle effleura doucement la joue du démon du bout des doigts.
Jamais elle ne pourrait. S'il avait été lui, ses défenses se seraient abattues de la même façon. Elle était incapable de tuer son ancien Maître. Cette pensée lui tordit les entrailles et un gémissement animal s'échappa de ses lèvres.
Elle se recula vivement, rendant sa liberté au démon et se réfugia contre la pierre. Elle enserrait de ses bras fins ses jambes plaquées contre sa poitrine nue et avait posé son menton sur ses genoux. Elle semblait fixer l'être d'un regard vide. Si ça avait été l'autre, elle n'aurait pas pu … Cette pensée hantait son esprit et il lui semblait qu'une douleur lancinante lui creusait les hanches, une douleur mentale, et qu'une masse rocheuse avait envahit son ventre. Les sentiments qu'elle ressentait étaient si humain … Elle s'était toujours targuée d'être au-dessus de cela. Ben sûr, elle vouait une affection son borne à son Maître. Mais c'était de la reconnaissance. Jamais elle n'avait ressentie cette souffrance.
Son souffle était haletant et sa voix semblait coincée dans sa gorge.
Finalement, un murmure, rauque, juste une constatation, comme si l'énoncer pouvait la rendre plus réelle, plus palpable.
« Vous … n’êtes pas … Lui. »